Visuel de l’épisode #151 : La pêche industrielle est-elle mafieuse ?
OcéanSociétéAlimentationÉpisode #151 /

La pêche industrielle est-elle mafieuse ?

Avec Claire Nouvian, Bloom Association
0:0056 min

Comment vraiment protéger les aires marines ?

Qui est Claire Nouvian, la fondatrice de l’association BLOOM ?

Claire Nouvian est une militante écologiste et journaliste engagée pour la protection des océans. En 2005, elle fonde BLOOM, une ONG dédiée à la défense de la biodiversité marine et à la lutte contre les pratiques destructrices de la pêche industrielle.

Son déclic ? La découverte de la pêche en eaux profondes, où des chalutiers géants détruisent des écosystèmes millénaires à 2 000 mètres de profondeur. Ce combat l’a amenée à dénoncer un système opaque et destructeur, tout en obtenant des victoires majeures, comme l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

La pêche industrielle : des chiffres qui donnent le vertige

La pêche industrielle représente une infime partie du secteur (moins de 1 % des emplois). Pourtant, elle capture des volumes astronomiques de poissons grâce à des navires géants comme l’Annelies Ilena.

Ce chalutier pélagique de 145 mètres est capable de pêcher 400 tonnes par jour, soit 1 million de merlans bleus en 24 heures. Ses filets, longs de 600 mètres, parcourent les océans et vident les écosystèmes, menaçant la biodiversité et la survie des pêcheurs artisanaux.

En France, la pêche industrielle est largement subventionnée par des fonds publics. Pourtant, elle fragilise les écosystèmes marins tout en privant les petites communautés de ressources vitales.

Les aires marines protégées : un leurre écologique ?

La France revendique 33 % de ses eaux en “aires marines protégées” (AMP). En réalité, moins de 0,1 % de ces zones bénéficient d’une vraie protection.

Claire Nouvian le souligne : ces AMP sont devenues des “autoroutes à chalutiers”. Ces navires industriels y circulent sans restriction, rasant les fonds marins et détruisant les habitats essentiels à la régénération des océans.

Pourtant, les preuves scientifiques sont claires : lorsqu’une zone est réellement protégée, la biomasse marine peut se multiplier par 5 à 7 en seulement 5 ans.

L’affaire Annelies Ilena : un exemple criant des dérives actuelles

Récemment, la France a accordé 37 000 tonnes de quotas de merlan bleu à la Pologne, permettant à l’Annelies Ilena d’opérer dans les eaux françaises.
En échange, la France n’a récupéré que 1 200 tonnes de cabillaud, allouées à un autre chalutier industriel.

Ce troc illustre un système où les ressources publiques profitent à des géants industriels, au détriment des pêcheurs artisanaux et de la durabilité des océans.

Les victoires de BLOOM : une source d’espoir

Malgré ces défis, Claire Nouvian et BLOOM ont obtenu des victoires majeures :

  • Interdiction de la pêche électrique en 2019.
  • Engagement d’Emmanuel Macron contre l’exploitation minière en haute mer en 2022.
  • Interdiction partielle de la senne démersale en Manche en 2022.

Leur approche est systémique : remonter à la source des problèmes pour obtenir des changements durables.

Un message d’espoir et un appel à l’action

Claire Nouvian rappelle que la nature est résiliente. Si on lui laisse une chance, elle se régénère rapidement. Mais cela nécessite des choix politiques courageux.

Elle invite chacun à s’engager : signer des pétitions, rejoindre des ONG comme BLOOM, et interpeller les décideurs pour exiger une véritable protection des océans.

“Protéger les océans, c’est aussi protéger notre avenir.”

Pour en savoir plus, découvrez BLOOM : bloomassociation.org.

Si l’épisode t’a plu, partage-le à une personne qui devrait l’entendre. C’est le meilleur moyen d’avoir de l’impact, et ça fait grandir l’émission.

Chaque mois, le récap de mes sujets préférés.

Newsletter gratuite sur Substack. Bienvenue chez les gros changeurs !

Abonne-toi sur ta plateforme

Tu aimes l’émission ? Laisse 5 étoiles sur Apple Podcasts et sur Spotify, ça aide énormément.