Visuel de l’épisode #173 : La démocratie appliquée aux entreprises : les COOPÉRATIVES
EntrepriseÉconomie & financeÉpisode #173 /

La démocratie appliquée aux entreprises : les COOPÉRATIVES

Avec Chahin Faïq, Les Licoornes
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Un modèle performant et juste c'est possible ?

Qu’est-ce que les Licoornes ? Une alliance de coopératives au service de l’intérêt général

Les Licoornes, c’est une alliance de 16 coopératives françaises réunies autour d’un objectif : transformer notre modèle économique pour répondre aux défis écologiques et sociaux. Elles regroupent des structures bien connues comme Énercoop, La Nef, Mobicoop, Biocoop, ou encore Commown.

À contre-courant de la “start-up nation” et ses Licornes, ces entreprises partagent une même vision : remettre la démocratie, l’utilité sociale et la sobriété au cœur de l’activité économique. Elles s’opposent à une logique de croissance infinie et de spéculation, sans pour autant rejeter l’efficacité ou l’innovation.

🎙️ Dans cet épisode de The Big Shift, Chahin Faïq, secrétaire général des Licoornes, nous aide à comprendre ce que propose concrètement ce modèle et pourquoi il est plus que jamais pertinent.

Coopérative vs entreprise classique : quelles différences fondamentales ?

Le modèle coopératif repose sur deux piliers légaux et philosophiques :

  • Une gouvernance démocratique : une personne = une voix, quel que soit le montant investi.
  • Une lucrativité limitée : les bénéfices sont prioritairement réinvestis dans l’entreprise, avec très peu ou pas de dividendes.

Contrairement aux idées reçues, les coopératives ne sont pas anti-économiques :

🔢 “Le taux de pérennité à 5 ans des coopératives est supérieur de 18 points par rapport aux entreprises classiques”, précise Chahin.

Il s’agit donc d’un modèle plus stable, plus résilient… et plus juste.

Pourquoi les coopératives restent invisibles malgré leur efficacité économique

Malgré leur ancrage historique (notamment dans le secteur agricole ou bancaire), les coopératives sont souvent méconnues du grand public. Chahin pointe deux raisons principales à cela :

  • Le désavantage sur les marchés financiers : les coopératives ne distribuant pas de dividendes attractifs, elles peinent à lever des fonds importants.
  • La bataille culturelle perdue : le récit dominant célèbre les entrepreneurs individuels, la performance financière, et le “self-made man”. Le mot “coopérative” évoque encore trop souvent une vision ringarde ou “communiste”.

Et pourtant, de nombreux exemples récents montrent la vitalité du modèle :

  • 1336 (ex-Fralib) : usine de thé reprise par ses salariés après 1 336 jours de lutte.
  • La Belle Aude : marque de glaces sauvée par ses salariés.
  • Duralex : les célèbres verres repris en SCOP.

Gouvernance, démocratie, impact : les atouts du modèle coopératif pour la transition

La force des coopératives tient dans leur mode de gouvernance et leur ancrage territorial.

Dans une coopérative :

  • La décision est collective, mais pas lente : elle implique simplement plus de monde.
  • Les sociétaires sont impliqués dans le long terme, ce qui limite les logiques court-termistes destructrices.
  • Les ressources sont partagées (machines, locaux, investissements), ce qui favorise une économie de la sobriété et de l’usage.

💬 “La coopérative n’interdit rien, elle permet. Elle permet de mutualiser, de mieux investir, de mieux répartir.”

Ce modèle pose aussi de meilleures questions : faut-il produire plus, ou mieux ? Pour qui ? Avec quel impact environnemental ?
Et il y répond souvent avec plus de cohérence que l’entreprise classique.

Comment passer à une économie coopérative ? Reprise, création, transformation : tout est possible

Chahin Faïq est catégorique : toute entreprise peut devenir une coopérative, peu importe le secteur. Il existe même des journaux (comme Blast) ou des podcasts qui explorent cette voie.
Les formes juridiques sont souples, et la conversion peut se faire à l’initiative des fondateurs, des salariés ou des consommateurs.

3 façons concrètes de s’engager :

  1. Créer une entreprise directement en coopérative.
  2. Reprendre une structure en difficulté (comme Fralib ou Duralex).
  3. Transformer une entreprise existante avec l’accord des sociétaires.

💥 “On ne convaincra pas Bernard Arnault de renoncer à son pouvoir économique. Mais on peut créer des milliers d’alternatives puissantes à côté de lui.”

Les coopératives ne sont pas le passé, elles sont notre avenir

La transition écologique ne se fera pas sans changer la manière dont on produit, on décide, et on partage la valeur.
Les Licoornes le montrent : il existe déjà des solutions, qui fonctionnent.
Encore faut-il les connaître, les soutenir… et pourquoi pas, y participer.

👉 Pour aller plus loin :

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